Commémoration de la libération d’Auschwitz il y a 75 ans : discours du 23/01/2020 d’Emmanuel Macron en Israël

Commémoration de la libération d’Auschwitz il y a 75 ans : discours du 23/01/2020 d’Emmanuel Macron en Israël

Commémoration de la libération d’Auschwitz il y a 75 ans

Le lien vers les discours écrit est là : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/01/23/discours-du-president-de-la-republique-a-la-communaute-francaise-disrael

Discours retransmis par TF1 : https://www.tf1.fr/tf1/jt-13h/videos/commemoration-de-la-liberation-dauschwitz-ce-quil-faut-retenir-du-discours-de-macron-39501059.html

Ce texte est pour une lutte contre l’extrémisme, le racisme et l’antisémitisme

Un extrait du discours ci-dessous :

J’ai tenu, je le disais, être ici à Jérusalem à l’invitation du Président Rivlin. Ceci pour répondre à l’appel de Yad Vashem, à l’in Commémoration de la libération d'Auschwitz il y a 75 ans jonction du « plus jamais ça ». Je serai le 27 janvier avec les survivants, avec les fils et filles de déportés, avec les jeunes engagés dans l’indispensable travail de mémoire au Mémorial de la Shoah pour le 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. Le Premier ministre sera en Pologne quant à lui et nous serons avec plusieurs d’entre vous qui êtes là aujourd’hui à un moment aussi important avec le dévoilement de ce nouveau mur des noms. Ce que nous allons vivre cet après-midi et j’aurai l’occasion de le dire, est un moment extrêmement important parce que c’est l’engagement collectif de la communauté internationale de ne pas oublier. Essayons d’imaginer ce que celles et ceux qui sont tombés, ce que celles et ceux qui se sont échappés et ce que nos amis qui sont encore parmi nous et qui sont rescapés, peuvent ressentir à l’idée de voir autant de dirigeants du monde être là, à Jérusalem, à Yad Vashem pour porter cette mémoire et cet engagement. Et ça, c’est un trésor des dernières décennies qui est le fruit, je dirais, d’un travail évidemment d’historien, de juriste, mais de militant de la vérité exceptionnel et de combattants de chaque jour, parce que le relativisme et le mensonge n’ont pas quitté ce monde. Et je voulais dire combien nous devons à ceux et celles qui se sont battus pour cela, je vous ai cité Serge et Beate mais vous avez été ces prophètes de vérité à proprement parler avec beaucoup de courage. Mais tous ceux qui vous ont accompagnés, suivis dans ce combat et tous ceux qui vont prendre la relève, je vois beaucoup de jeunes ici, c’est un combat qui n’est jamais gagné. C’est ça que nous allons porter cet après-midi à Yad Vashem. Et ce que je tenais à vous dire ici, c’est que ma détermination à agir en la matière est totale.
Nous avons évoqué la situation dans notre pays il y a quelques jours avec Haïm KORSIA, Francis KALIFAT, Joël MERGUI, Ariel GOLDMANN, David et Eric de ROTHSCHILD. Et je veux les remercier pour leur engagement, leur force de conviction et leur travail au quotidien.

Et nous faisons tous le même constat. Et ce constat n’est pas valable que pour la France. L’antisémitisme revient, pas ces derniers mois, non, vous le savez bien, ces dernières années. Il est là, son cortège d’intolérance, de haine et je sais combien ici toutes et tous vous êtes déterminés à mes côtés, mais je vais vous le dire très clairement, la France n’aura pas ce visage. Elle aura tous ceux de cette foule si nombreuse, si émue, qui s’est rassemblée tout le long de la rue Soufflot pour accompagner Simone VEIL, et sa chère famille, dans sa dernière demeure. La France, ce sont les visages marqués par la peine profonde de cette disparition et de quelques autres. Ce sont ces mémoriaux, c’est l’enseignement de la Shoah, c’est notre engagement à tous et toutes. Mais je vais vous le dire très clairement, l’antisémitisme est là, il est là en France, il est là en Europe. Il est dans la région où vous vivez et l’antisémitisme, j’ai eu là aussi l’occasion de le dire à plusieurs reprises, ça ne doit pas être uniquement ni même d’abord le problème des Juifs. L’antisémitisme en France, c’est d’abord et avant tout le problème de la République.

Parce que l’antisémitisme, c’est la quintessence, le visage premier de la haine de l’autre. A chaque fois que les démocraties se sont affaiblies, à chaque fois que des grandes crises ont bousculé la confiance et ont ravivé les divisions, le premier signal ce fut l’antisémitisme et ce qui semblait enfoui, tu, et qui peut être existait malheureusement encore mais remonte à ce moment de plein fouet. Notre pays, toutes les démocraties occidentales, traversent une crise très profonde. Elle est économique et sociale, elle est morale, civilisationnelle. C’est un doute sur nous-mêmes, sur notre avenir, sur notre capacité à nous projeter. Face à ce doute, notre responsabilité est de construire un projet commun, un futur possible. Mais il est évident que jouer sur les peurs est plus aisé et aujourd’hui nombreux sont ceux qui jouent dans notre pays, dans nos pays, sur les peurs, les confusions, le relativisme. Et la première peur, c’est celle de l’autre. C’est pour ça que l’antisémitisme revient. Alors il nous faut le combattre avec force, avec force, d’abord en luttant contre toutes les violences et tous les amalgames. Les profanations de cimetière de mémoriaux, les croix gammées sur les portraits, les insultes antisémites assénées par des foules aveugles, les violences sous toutes leurs formes. Lutter contre les confusions aussi quand de manière honteuse, on détourne des signes et des traces de l’histoire sur d’autres causes en la déformant et en la reconvoquant. Je veux ici dénoncer tous les discours et toutes les formes de compromission inacceptables lorsque ce genre de confusion advienne ou lorsque le silence se fait. En France, ces violences ou ces profanations n’ont pas leur place. En France, l’utilisation de l’étoile jaune n’a pas à être faite dans un insupportable amalgame. En France, le combat contre l’antisémitisme est inséparable du combat contre le racisme parce que c’est aussi le combat contre ceux qui minent la République et notre union…

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